Lisa met en garde contre les dérives des sites de rencontres en ligne et des relations construites sur l’utilisation des nouvelles technologies

Lisa Perez est diplômée en psychologie clinicienne spécialité psychopathologie. Elle s’est spécialisée dans l’impact dans nouvelles technologies dans les relations humaines et la vie amoureuse.

L’émergence des sites de rencontre en ligne

Notre société évolue fortement depuis plusieurs centaines d’années. Les avancées technologiques récentes ont multipliés cette évolution, tant et si bien que la technologie d’il y a à peine dix ans est totalement obsolète. Le temps où on pouvait garder des objets de générations en génération et depuis longtemps passé.

L’émergence d’internet a permis une mondialisation de l’information de manière globale. Toute sorte de secteurs se sont vu rapprochés par ce nouveau moyen de communication.

Dans ce cadre, les systèmes de marketing ont bien entendu pris le pli d’utiliser ces nouvelles possibilités pour contrôle et proposer encore un peu plus à notre société de consommation.

Le commerce lucratif du mariage et des rencontres a ainsi donc pris un nouvel essor grâce aux plateformes mise en place. Divers sites de rencontres et application pour rencontrer l’âme sœur ont ainsi vu le jour afin, nous dit-on, de faciliter l’accès à l’amour. Bien que le concept mis en avant paraisse noble, il est surtout basé sur une envie de lucre de la part des vendeurs. En effet, le commerce des rencontres comme le commerce du sexe fait vendre depuis le début de l’humanité.

Le problème est que la société aujourd’hui offre un regard biaisé sur la relation de couple et que les plus jeunes ont du mal à identifier et surtout à différencier la vie réelle de la vie virtuelle. L’utilisation abusive de ce type de sites de rencontres peut donc amener à des dérives.

Les sources des dérives sur la vision de la relation de couple

Un des éléments les plus importants quand on parle de dérive de la cellule familiale, en commençant par la vie de couple est l’absence de regard objectif d’une frange de la population la plus jeune sur les thématiques et les images qui leur sont soumises via les canaux électroniques. En effet, l’ensemble des images, que ce soit de la pub, de la télévision ou du cinéma, qui sont aujourd’hui diffusées sur des thèmes liés à la sensualité ou la sexualité représentent une vision biaisée de la réalité. Que ce soit des images de femmes retouchées avec des logiciels tels que Photoshop, ou des scènes d’amour tournées des centaines de fois avant d’en avoir une de qualité, ou bien encore les films pornographiques qui donnent une vision tronquée des relations sexuelles, tout est présenté de manière démesurée et poussée à la perfection.

Dans ce cadre, les personnes soumises à ce genre d’images (la plupart d’entre nous) doivent jouer avec une juxtaposition de la vie réelle et des leurres transmis par la télévision ou internet. Il peut en découler une perte d’identité et de recherche de la perfection physique.

D’autre part, ces mêmes images visionnées par les plus jeunes, qui n’ont pas encore eu le temps de se faire une expérience propre au niveau sexuel ou affectif, vont devenir pour eux la réalité  à laquelle ils doivent confronter leur vie de tous les jours. Ceci explique les dérives des jeunes femmes qui n’ont pas complexe à avoir des relations avec plusieurs garçons à la fois, car cela apparaît comme normal dans leur série télé favorite. Ceci a également un impact dans la sélection et la recherche d’une partenaire, notamment sur des sites des rencontres ou des applications comme Tinder.

L’impact de la vie de tous les jours dans la recherche d’un partenaire

C’est dans ce cadre général que les hommes et les femmes d’aujourd’hui sont amenés à chercher et à sélectionner un ou une partenaire sexuelle potentiel. Les possibilités technologiques permettant de trouver celui-ci à plusieurs kilomètres de chez soi en consultant des profils sur sa tablette, donnent une nouvelle dimension à la quête de l’âme sœur.

En effet, lorsqu’on décide de cherche l’homme ou la femme de sa vie sur un site de rencontre, les photos de profils qu’on consulte sont automatiquement comparées dans notre cerveau à un archétype féminin qui est la juxtaposition d’une série de prototype qu’on a pu voir dans la dernière téléréalité du moment. Pour faire simple, les femmes comparent les photos de profils masculins à Brad Pitt et les hommes comparent les photos de profils féminins à Selena Gomez ou Shakira.

Il en résulte bien entendu qu’on ne peut trouver quelqu’un (sauf cas exceptionnel) qui corresponde à cette description de beauté physique parfaite. Cela peut parfois être le cas quand la photo de profil proposée a été elle-même modifiée pour inciter l’autre à nous choisir.

Dans ce cas, la déception est d’autant plus grande lorsqu’une rencontre a lieu entre les deux personnes, ce qui va entraîner une diminution de l’attractivité entre les deux amants. Si les photos ne sont pas corrigées, on va alors « zapper » des partenaires potentiels, qui, s’ils avaient été rencontrés dans la vie de tous les jours, auraient très bien pu nous convenir.

Cette vision de la vie biaisée est d’ailleurs l’une des raisons pour la constante croissance de divorce et du nombre de célibataires à l’heure actuelle dans nos sociétés industrialisées.

Jamais dans l’histoire de l’humanité n’a-t-on vu autant de personnes célibataires et qui souhaitent d’ailleurs le rester, ou le sont à défaut de coucher avec le top model de l’année.

Cependant, les sites de rencontres n’ont pas que des effets néfastes. Si utilisés avec intelligence, ils fournissent un cadre adéquat pour la création d’une confiance en soi et l’expérimentation relationnelle.

 

Les solutions aux dérives

Afin de ressouder le couple et éviter les dérives, il existe quelques paramètres qui peuvent être mis en place. Le premier et le plus opportun est la consultation chez un spécialiste. Mais on peut aussi commencer par discuter ensemble du ou des problèmes qui se développent au sein de la relation homme-femme. Bien souvent, le simple fait de communiquer sur ce qui ne vas pas, ou de méta-communiquer (communiquer sur la communication au sein du couple), permet de mettre le doigt sur des petits détails du quotidien qu’on peut facilement corriger.