C’est bientôt l’été et j’ai un peu tardé à raconter notre week-end Zurichois chez LisaDeParis et Monsieur Chouchou.
Je me souviendrai bien de quelque chose, justement, c’est que ce n’était pas l’été. Pas du tout. Lisa nous a pourtant vaillamment accompagnés dans la ville, au bord du lac, non sans se couvrir d’un gros bonnet. Nos hôtes ont cédé à nos caprices de touristes de passage alors qu’il faut bien le dire à moins 10°c au thermomètre, on a plutôt envie de rester chez soi au chaud. Tout leur attirail de passionné de rando hivernale y est passé, des gants au bonnet, rien n’est laissé au hasard pour leurs invités (Émilien a même enfilé deux jeans l’un sur l’autre.)
Week-end hivernal, donc, avec pour sommet la magnifique promenade dans la neige, à l’ombre inutile des sapins, ou au contraire perdus comme des héros de roman russe dans la lande.
Et tout d’un coup, après un bon goûter en haut de Uetliberg pour nous récompenser de nos efforts de citadins enrhumés, le bruit, au loin, de quelque chose qui se passe.
« Froid devant ! »
Faire de la luge sur Uetliberg (www.zuerich.com)
Il faut voir la joie des habitués de se retrouver en haut de cette descente interminable. Les bonnets s’agitent, les enfants (casqués, dont on se doute qu’ils sont également des as des pistes noires) crient, les adultes s’esclaffent, les règles élémentaires de priorité sont allègrement bafouées dans la bonne humeur, et un employé de la ville remet ça et là de la neige sur la piste pour nous faire rêver aux jeux olympiques… mais surtout éviter des hématomes trop violents.
Un hématome, justement j’en ai eu un, qui m’a fait marcher difficilement encore une semaine après cette expérience. Le choc du carambolage de luges en bois dans le bas de mon dos n’a pas entamé mon envie de finir la course sur ma poêle en plastique (quand on vous dit que LisaDeParis et Monsieur Chouchou pensent à tout).
Un pur bonheur, qui m’a fait me dire qu’il fallait absolument que je fasse ça avec mon fils dès qu’il en aurait l’âge.
Un point négatif ?
Non, même pas, seulement l’exposition Noir et Blanc au musée d’art moderne, dont nous avions entendu parler sur ce blog très intéressant pour les gens de passage : très intéressant et..Ô Joie, à l’intérieur d’un bâtiment fermé !
La raclette
Le début de la soirée commence en blanc, heureusement car Émilien et moi sommes en retard. Lisa et M. Chouchou enseignent les termes de ski à leur amie Veronika en prévision de leur prochain voyage en France. La leçon est exhaustive, et me laisse le loisir de me rappeler avec émotion mes lointains cours d’allemand. Puis dégustation de raclette et échanges de vues sur la politique européenne et l’élection présidentielle qui vient. Miam.
Le Suisse allemand
Lisa nous explique que le suisse allemand est assez différent de l’allemand, dont nous avons tous les deux des souvenirs assez léthargiques. C’est définitivement un obstacle à l’intégration dans le pays, heureusement que Chouchou est là en attendant. Cette semaine dans le courrier International j’ai lu que les suisses n’étaient pas toujours très enthousiastes face à l’immigration des français qui restent entre eux. Lisa et Chouchou, eux, sont hors-compet. C’est un couple polyglotte 100% intégré. Regardez-les faire du jogging les baskets cloutées enfoncées dans la neige pour vous en convaincre.
Zurich et les tramways
J’ai toujours trouvé les villes à Tramway paisibles, avec le charme de la cadence qu’on ne maîtrise pas complètement.
Zurich est bien fournie en tramways, et Lisa nous explique que leur ballet dans les rues est l’objet de toutes les attentions, pas un ne doit arriver en avance ou retard à son arrêt. Des écrans à chaque station indiquent la durée de l’attente pour chaque ligne. Nous sommes assez impressionnés par cette fiabilité. Et j’ai trouvé l’idée du fond du tramway destiné aux poussettes vraiment intelligente. Au moins les parents n’ont pas l’impression d’être en tort juste parce qu’ils ont une poussette, et ont toute la place nécessaire pour la hisser dedans sans gêner le passage des autres voyageurs (A Paris dans les bus, la place réservée est littéralement en plein milieu du bus).
Les petits-déjeuners
Je dirais presque que je garde le meilleur pour la fin. Pas besoin de prendre l’avion (oui, honte à nous) pour manger un bon petit-déjeuner, pensez-vous. Ça c’est parce que vous n’avez pas pris un petit-déjeuner chez LisaDeParis et M. Chouchou. Tout y est. Le choix de la confiture, l’assiette qui va bien, la lumière rase du matin.
Si vous n’êtes pas encore convaincus de venir pour une petite visite, c’est que vous êtes déjà un exilé fiscal et/ou un joueur de tennis internationalement reconnu.
* Coralie Bru Desbois, auteur de La flexibilité de Barnabé et de Le jour où Nicolas est parti.